Clément Brizard

Municipales 2026 : à l’heure de la parité, où en est la Mayenne ?

Une nouvelle loi doit favoriser la parité dans les conseils municipaux des communes de moins de 1 000 habitants. À trois mois des élections, elle est encore loin d’être atteinte en Mayenne, et pas uniquement dans les petites communes.

Le 14 décembre 2025

Les 15 et 22 mars 2026, pour la première fois dans les communes de moins de 1 000 habitants, les bulletins tomberont tous dans l’urne avec des listes paritaires. Cette règle, déjà en vigueur depuis 2014 dans les communes de plus de 1 000 habitants, a été généralisée par une loi votée en mai dernier. En plus d’être paritaires, les listes devront alterner entre un homme et une femme (ou inversement).

La mesure n’est pas anodine, dans un pays où ces petites communes représentent plus de 70 % de l’ensemble, une proportion que l’on retrouve dans le département, avec 169 communes sur 240. Elle répond au constat dressé par le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes après les dernières élections en 2020, qui soulignait qu’ “en l’absence de contraintes, la parité n’advient pas”.

Trois quarts des communes n’atteignent pas la parité

Quel est le niveau actuel de parité dans les conseils municipaux mayennais ? Pour l’heure, il y a plus d’hommes que de femmes dans trois communes sur quatre. Un constat qui peut être nuancé : 51 % des communes atteignent au moins 45 % de femmes dans leur conseil.

Parmi les communes non-paritaires, trois sur quatre sont des petites communes. Cette sur-représentation n’est pas étonnante, compte tenu de leur sur-représentation au global dans le département.

Pour autant, les communes de plus de 1 000 habitants ne font pas beaucoup mieux : près de 60 % des conseils municipaux y sont majoritairement masculins. Laval, la préfecture, atteint presque la parité (46 %), de même que Mayenne et Château-Gontier, les deux sous-préfectures.

Qu’en est-il pour les communes où les femmes sont le plus représentées ? Les trois premières (Soucé, Saint-Aubin-Du-Désert et Saint-Georges-Le-Fléchard), avec 64 % de femmes dans le conseil municipal, comptent toutes moins de 1 000 habitants. Parmi les communes où le conseil dépasse 50 % de femmes, il y autant de communes de plus de 1 000 habitants, que de petites communes.

À l’échelle nationale, la Mayenne est dans la moyenne. Elle fait même un peu mieux au niveau des petites communes : 41 % de femmes dans les conseils, contre 38 % en moyenne en France.

17 % de femmes maires, contre 20 % en France

Le constat est moins reluisant si l’on s’intéresse au détail des fonctions, notamment celles de maire, et des premiers adjoints. En Mayenne, seules 17,5 % des communes sont dirigées par une femme, contre 20 % à l’échelle nationale.

Parmi les exemples récents de femmes maires, Dorinne Baloche est devenue en février dernier la première femme à diriger la ville de Renazé, dans le Sud-Mayenne.

Concernant les postes d’adjoints, en Mayenne comme au niveau national, plus la fonction est proche du maire, moins elle a de chances d’être occupée par une femme.

“Sans la parité, nous ne nous serions pas senties légitimes”

En juillet dernier, deux conseillères départementales mayennaises (Pour la Mayenne écologique et solidaire) ont présenté les conclusions d’un sondage diffusé à toutes les mairies du département, pour évaluer l’expérience des femmes en politique locale.

Il en ressort que “50 % [des élues interrogées] estiment que c’est compliqué encore aujourd’hui d’être une femme en politique”, rapporte Marie-Laure Le Mée Clavreul au micro d’ICI Mayenne. Parmi les causes principales, Mme Le Mée Clavreul rappelle que “Le politique s’est forgé au milieu d’hommes et [que] le statut d’homme politique a été mis en place par des hommes et pour les hommes.”

Sa collègue au département, Stéphanie Lefoulon, également adjointe au maire de Mayenne, estime auprès du Courrier de la Mayenne qu’elles ne se seraient “pas senties légitimes pour venir en politique” si la loi pour la parité n’avait pas existé.

Selon un rapport parlementaire publié en avril dernier, au rythme auquel progresse la parité dans les petites communes (plus de trois points entre 2014 et 2020), elle ne serait atteinte que dans 20 ans. Le scrutin de 2025 indiquera si la généralisation des listes paritaires a permis d’accélérer, ou non, cette progression.

Clément Brizard